Caroline Hargnieux

Découvrez Fusterlandia : Le Parc Güell cubain

Si la Fabrica De Arte Cubano est l’endroit parfait pour connaître le côté le plus avant-gardiste de l’art de La Havane, Fusterlandia est l’endroit idéal pour connaître son côté Street-art. Dans le quartier de Jaimanitas, à l’ouest de la ville, l’artiste plastique José Antonio Rodríguez Fuster a son atelier. De là est né un projet d’art collectif qui s’est étendu à tout le quartier et qui a reçu le nom de Fusterlandia.

Sommaire

Fusterlandia : art urbain avec des influences de Gaudi à La Havane

À la périphérie de la ville de La Havane se trouve un lieu où les couleurs, la géométrie et le volume s’unissent pour donner naissance à des peintures murales et des structures des plus imaginatives, créant un espace plein d’art et d’expression des pensées et de la philosophie de la vie. Dans ce quartier de Jaimanitas, à l’ouest de la ville, l’artiste plastique José Antonio Rodríguez Fuster a son atelier. De là est né un projet d’art collectif qui s’est étendu à tout le quartier et qui a reçu le nom de Fusterlandia.

De Barcelone à La Havane

Fuster raconte qu’après avoir vu les œuvres de Gaudí à Barcelone et de Brancusi en Roumanie, il a voulu exercer une partie de cette magie dans son propre environnement. L’idée était de transformer son atelier en un lieu où il pourrait vivre avec l’art, mais il ne rêvait pas à l’époque que son projet se développe comme il l’a finalement fait.

On pourrait dire que dans ce projet artistique de grande envergure, la technique par excellence est le trencadís, d’où l’inévitable identification dès le premier regard de l’influence marquée de Gaudí dans cette expression de l’art urbain, rappelant même d’une certaine manière le Parc Güell de Barcelone.

En 1975, il a commencé par décorer sa propre maison avec des mosaïques colorées, puis il a invité ses voisins à se joindre au projet. Il commence bientôt à recevoir la proposition d’étendre son art sur d’innombrables façades de maisons qui lui sont proposés comme des toiles vierges. Ainsi est né Fusterlandia, un projet artistique communautaire qui, au fil du temps, s’est enrichi de la participation d’autres artistes locaux et internationaux.

Le quartier un peu abandonné de Jamainitas a depuis pris une nouvelle dimension avec l’élan du projet et il est aujourd’hui visité par des artistes qui y trouvent leur inspiration et des voyageurs qui se délectent de l’incroyable paysage urbain.

Un monde de couleur

Une étrange fantaisie de couleurs se répand dans les arrêts de bus, les portes et les façades de toutes sortes dans ce quartier de Jamainitas. Des images religieuses aux hommages à la Révolution, en passant par les images de la nature, des centaines de symboles se succèdent dans les mosaïques comme dans un immense kaléidoscope.

Les mosaïques de Fusterlandia sont extrêmement colorées, encore plus embellies par la luminosité caractéristique de la céramique.

Les dessins sont très divers, montrant par exemple des représentations des différents pays d’Amérique latine ou des passages de l’histoire récente de Cuba, comme une mosaïque du yacht Granma et de son équipage révolutionnaire. Il y a aussi ceux qui montrent simplement des éléments simples combinés entre eux, comme des palmiers, des animaux ou des personnages.

Mais tout n’est pas que mosaïques plates à Fusterland, on peut aussi contempler des sculptures et des formes impossibles, ainsi que se divertir en lisant de nombreuses citations de références littéraires, comme Ernest Hemingway ou Alejo Carpentier, ou des pensées perdues de l’artiste lui-même.

Outre l’embellissement et l’expression artistique, José Fuster rend hommage, non seulement à Gaudí, mais aussi à d’autres personnalités du monde de l’art et de la littérature.

L’atelier de Fuster

Fusterlandia est également connu sous le nom de Casa Fuster, car l’artiste a sa maison et son studio dans le quartier même.

Au milieu de toute cette exposition populaire, l’atelier de Fuster est peut-être oublié, mais il vaut la peine de visiter le centre d’où émane toute la création. L’entrée est libre et Fuster lui-même se promène généralement dans l’atelier, il n’est donc pas surprenant que vous ayez la chance de le rencontrer.

L’atelier de l’artiste est ouvert au public de 9h30 à 16h00 et est accessible gratuitement.

Comment se rendre à Fusterlandia

Bien que Fusterlandia soit un endroit qui vaut certainement la peine d’être visité, il n’est toujours pas répertorié comme une attraction touristique majeure de La Havane.

Ainsi, la zone est généralement calme et peut être visitée sans grande affluence.

Pour se rendre à Fusterlandia, l’idéal est de prendre un taxi privé. Le trajet depuis le centre de La Havane dure environ 20 minutes (selon l’endroit d’où vous partez) et ne devrait pas coûter plus de 10 CUC.

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